Mardi 19 juin 2007
D'ordinaire, je ne prête qu'une oreille distraite aux rumeurs people qui n'ont d'autre but que de distraire notre attention loin des véritables turpitudes du microcosme de ceux qui décident de tout à notre place. Ainsi, pendant toute la durée de la campagne présidentielle, le presse people et les conversation de salon de coiffure se sont déchaînés sur le couple élastique Sarkozy, épiant les faits et gestes de la reine Cécilia, commentant ses présences aussi bien que ses absences. Je dois même m'être laissé moi même aller à quelque petit commentaire acide sur ses réapparitions mystérieuses. Après tout, il est parfois nécessaire d'abonder un tant soit peu dans le sens des masses crédules pour attirer leur attention. Pendant ce temps, au PS.... la candidate royale et son compagnon (terme ridicule s'il en est) adoptaient un profil particulièrement bas sur cette question pourtant essentielle. Et force est de constater que le candidat Sarkozy, dont on prétendait qu'il contrôlait l'ensemble des médias, n'a pas particulièrement utilisé ces ficelles scandaleuses pour porter le discrédit sur son adversaire.
Puis le soir du second tour de la législative, le nuage de fumée se met en place. Et curieusement, il ne vient pas de là où on l'attendait. Le PS est à l'heure des comptes. Des comptes à rendre, en effet, sur une campagne présidentielle chaotique, l'absence de message clair, la nécessaire refondation d'un parti sclérosé. Quoi de plus naturel donc que de chercher ça et là des excuses fallacieuses. Royal aurait perdu la présidentielle parce que son couple battait de l'aile?... Et si chacun se défend de la moindre intention malicieuse, tout le monde commente la révélation, prenant soin de préciser qu'elle n'a aucun rapport avec la politique, que la vie privée de la candidate et de son ex-compagnon n'a eu aucune influence sur le cours des événements, chacun apporte quand même sa petite contribution au doute qui s'installe, Bartolone, Devedjian, Dray, Ayrault...
La presse se déchaîne. Et pas seulement la presse people. Toute la presse. A l'heure où de grands enjeux de société vont être traités dans la plus grande incertitude, où un gouvernement décapité par les aléas d'un scrutin auquel plus de 40% des Français n'ont pas participé s'apprête à mettre en oeuvre une politique qu'il est incapable d'expliquer aussi clairement que pendant la campagne présidentielle, les projecteurs se braquent sur un vaudeville aussi sordide qu'ordinaire. Il m'est difficile d'imaginer que tout cela n'est pas délibéré.  J'ai comme l'impression que dans les mois qui viennent, nous allons devoir être particulièrement vigilants, et qu'il nous faudra écarter avec soin le voile opaque que toute la classe politique, utilement secondée par les médias, va tenter de dresser entre nous et une réalité parfois préoccupante.

Allez, j'y vais de ma petite rumeur. Et si Ségo avait quitté Hollande pour Bayrou?

Hasta siempre
 
Par Paco Alambron - Publié dans : Les feux de l'actu
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Lundi 18 juin 2007
Alfred Korzybski a défini une caractéristique de l'homme (homo sapiens sapiens), qui le différencie définitivement des formes de vie inférieures, et qu'il nomme du terme intraduisible de "time-binding". Il évoque par ce terme la capacité unique de l'humain à transmettre son expérience aux générations suivantes au moyen du langage ou par l'utilisation de systèmes symboliques comme la parole ou  l'écriture. Ainsi, contrairement aux autres animaux supérieurs, l'homme est capable de transmettre la connaissance d'une génération à la suivante. La sémantique générale décrit les conséquences de ce "time-binding".
Chaque individu dispose ainsi, en plus de sa perception directe (mais néanmoins filtrée par les sens) de son environnement, d'un bagage congnitif directement hérité, sous une forme symbolique, des générations qui l'ont précédé. Et cet invidu transmettra à sa descendance le même bagage, augmenté de sa propre expérience, mais filtré par les barrières de sa logique et de son propre langage. Cela rappelle un peu le jeu du "téléphone", consistant à se chuchoter une phrase de bouche à oreille, celle-ci se déformant rapidement au gré de la compréhension de chacun. Ainsi en va-t-il de notre logique et de nos connaissances.
Il  nous faut donc admettre que sur la somme des connaissances qui façonnent notre raisonnement (nos processus cognitifs), une très grande partie n'est pas issue de notre expérience directe, sensorielle, mais nous a été transmise au moyen des outils symboliques du langage. Aussi, même si nous pouvons également admettre que nous somme tous dotés du même système neurologique (le hardware, en quelque sorte), son fonctionnement dépend étroitement de la façon dont nous ont été transmises les connaissance et de la façon dont nous les avons cataloguées (le software). Et cette transmission est conditionnée par la structure de notre langage. Plus la structure du langage est proche de la structure de la réalité objective, plus notre carte mentale présente de similarité avec cette même réalité. Korzybski a démontré que c'était loin d'être le cas.
Car la structure du langage, et par conséquent de la logique induite par ce langage, commune à toutes les civilisations issues des premiers peuplements méditéranéens ainsi que de leurs zones de colonisation, est essentiellement Aristotélicienne. Cette logique, dont les préceptes ont été énoncés par le philosophe péripatéticien Aristote (384-322 av. J.C.) dans son Organon, ensemble de traités ou il développe l'art de la discussion (topiques) et celui du raisonnement (syllogisme) en se fondant sur une logique binaire du tout vrai ou tout faux (ou du tiers-exclus), représente mal la réalité des choses. C'est pourtant ses principes qui prévaudront dans toutes les cultures occidentales jusqu'au début du XXème siècle, époque à laquelle commenceront à apparaitre les logiques non standard, trivalentes ou floues.
Mais quels qu'aient été les développement récents de la logique mathématique, largement appliquée à des domaines tels que l'ingénierie, la linguistique, la psychologie cognitive, la philosophie analytique ou la communication, la syllogistique, ou logique Aristotélicienne, à peine modifiée par les tentatives de Leibnitz pour lui donner une justification métaphysique, constitue encore aujourd'hui la base inconsciente de notre raisonnement.

Dans le prochain article, nous examinerons en détail la logique binaire Aristotélicienne...
 
Par Paco Alambron - Publié dans : Croire ou savoir
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Dimanche 17 juin 2007
Du 7 septembre au 20 octobre 2007 se tiendra en France la Coupe du Monde de Rugby.
Première surprise de taille, l'annexion d'Edimburgh et de Cardiff est passée complètement inaperçue. Ces deux villes accueilleront pourtant quelques rencontres de cette coupe labellisée "France 2007". De quoi perturber nos amis d'outre-atlantique déjà bien fâchés avec la géographie du vieux continent poussiéreux que nous peuplons avec insolence. A supposer que les Etatsuniens sachent ce qu'est le rugby, bien que les USA se soient laborieusement qualifiés en barrages contre l'Uruguay après avoir pulvérisé la Barbade!
Je ne suis pas un grand amateur de ballon ovale. En revanche, je suis un fan de haka.
Les All Blacks (équipe nationale de rugby de Nouvelle-Zélande), ont introduit dans le rugby cette tradition maori dans les années 80, faisant du Ka Mate leur marque de fabrique. Aujourd'hui encore, le haka occupe dans la culture des Néo-Zélandais, qu'ils soient maoris ou non, une place très importante.

Ringa pakia
Uma tiraha
Turi whatia
Hope whai ake
Waewae takahia kia kino

Ka mate, Ka mate,
Ka ora,
Ka mate, Ka mate,
Ka ora,
Tenei Te Tangata Puhuruhuru
Nana i tiki mai whakawhiti te ra
A Upane, Ka Upane
A Upane, Ka Upane
Whiti te ra! Hi!
  Frappez des mains sur les cuisses
Que vos poitrines soufflent
Pliez les genoux
Laissez vos hanches suivre le rythme
Frappez des pieds aussi fort que vous pouvez


Je meurs, je meurs
Je suis vivant,
Je meurs, je meurs
Je suis vivant,
C'est l'homme chevelu
Qui a fait briller le soleil à nouveau pour moi
Un pas vers le haut, puis un autre
Un pas vers le haut, un autre
Le Soleil brille !

Depuis août 2005, les All Blacks produisent un autre haka, mais seulement pour les grandes occasions (Afrique du Sud, Angletterre, France!), le Ka Mate restant leur haka traditionnel. Il s'agit du Kapa o Pango. Cette danse nettement plus violente est décriée en raison d'une fin d'un goût douteux consistant à mimer un égorgement.

Hasta siempre
Par Paco Alambron - Publié dans : Mots pleins de lettres
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Samedi 16 juin 2007

Avant de rentrer dans les développement nécessairement complexes de cette théorie, il me semble important de préciser une chose:  mon intention. Elle n'est pas d'exposer ici une théorie abstraite, pour le plaisir de spéculer sur une nouvelle philosophie dont on ne percevrait pas la finalité, mais de tenter en m'appuyant sur les prémisses et les principes de la pensée non-aristotélicienne de démontrer au lecteur à quel point notre mode de pensée aristotélicien nous conduit en permanence à des erreurs de jugement basées sur deux imperfections majeures de notre appréhension du monde extérieur à nous-même, l'abstraction et l'inférence. Et ces erreurs de jugement nous condamnent en permanence à une inadaptation, qui peut aller de la simple difficulté à vivre en harmonie avec le monde qui nous entoure à la pathologie neuro-psychologique lourde.
Mais il ne s'agit pas non plus d'y voir simplement une méthode de méditation. La sémantique générale s'intéresse avant tout à la communication. Et dans ce contexte, c'est une excellente méthode de résolution des conflits. Et comme chaque médaille a son revers, il me semble aussi important de préciser qu'elle peut être également un redoutable outil de manipulation. Un non-aristotélicien, conscient des erreurs de jugement qu'il peut induire chez un public aristotélicien, fera usage de la supériorité que lui confère cette connaissance pour manipuler son auditoire. Les exemples abondent.
La difficulté de l'exercice auquel je souhaite me livrer est précisément liée à la structure aristotélicienne de notre mode de communication, le langage, et à certaines de ses propriétés qui seront explicitées ultérieurement: la réflexivité du langage, la circularité et la multi-ordinalité des symboles. En d'autres termes, je me suis fixé comme objectif de disserter sur les imperfection de notre mode de pensée et de communication en utilisant justement ce mode de communication pour le faire (c'est ce qu'on appelle justement la réflexivité). Cette propriété est particulièrement connue pour conduire souvent à des paradoxes.
Terminons, pour introduire le prochain billet, par deux citations sur lesquelles il me parait important de s'arrêter un instant et qui illustrent traditionnellement la sémantique générale:

"La carte n'est pas le territoire"
"The map is not the territory"
(Alfred Korzybski,  1933 - Photo ci-dessus)
La représentation que nous nous faisons de la réalité n'est pas la réalité elle-même, comme une carte n'est pas le territoire qu'elle représente. Chacun choisit de ne faire figurer dans sa carte que les éléments qui lui paraissent significatifs. Il existe au mieux une similarité entre la carte et le territoire. Et chacun dresse du même territoire une carte différente selon les filtres d'abstraction qu'il met inconsciemment en oeuvre.

"Quoi que vous puissiez dire d'une chose qu'elle est, elle ne l'est pas!"
"N
o matter what you say that a thing is, it is not it"
Par cette affirmation, Alfred Korzybski exprime ses principes de non-identité et de non-toutité (not-allness), et rejette le principe de contradiction d'Aristote ("Rien ne peut à la fois être et ne pas être") et celui du tiers-exclus ("Tout doit, ou bien être, ou bien ne pas être")

Hasta siempre


Par Paco Alambron - Publié dans : Croire ou savoir
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Samedi 16 juin 2007
Cada camino es uno entre un millón. Por ende, no hay que olvidar que un camino no es más que eso. Si piensas que no debes seguirlo, no te quedes en él bajo ninguna circunstancia.
Un camino no es más que un camino. Que lo abandones cuando tu corazón así te lo indique no significa ningún desaire a ti mismo ni a los demás. Pero tu decisión de seguir esa senda o apartarte de ella no debe ser producto del temor ni la ambición.
Te advierto: examina cada camino atentamente. Pruébalo tantas veces como te parezca necesario. Luego hazte esta pregunta: ¿Tiene corazón este camino?
Todos los caminos son iguales, no llevan a ningún lado. Atraviesan la maleza, se internan o van por debajo de ella. Si ese camino tiene corazón, entonces es bueno. De lo contrario, no te servirá de nada.

Extrait des Enseignements de Don Juan, par Carlos Castaneda

...pour Véro

Hasta siempre
Par Paco Alambron - Publié dans : Mots pleins de lettres
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Mercredi 13 juin 2007

Il y a plus de 30 ans, la lecture de la trilogie Le Monde des Ā d'A.E. Van Vogt m'avait fait découvrir, au delà d'une science fiction conforme à son temps, où le héros charismatique et invincible se déplaçait dans la galaxie par une très improbable similarisation que lui permettait son cerveau-second, une intéressante théorie scientifique et philosophique: la sémantique générale.
Présentée avec talent, cette théorie nouvelle aurait du séduire une grande majorité de ceux qui ont intérêt à la précision du langage, à des modes de pensée novateurs et objectifs, à une construction mentale rigoureuse et reproductible... Hélas, il n'en a rien été.
La sémantique générale, ou système de pensée non-aristotélicien, a été formulée par le polonnais Alfred Korzybski en 1033. Cela faisait suite à ses observations sur la nature et les conséquences des erreurs d'évaluation. Le terme sémantique générale peut prêter à confusion en suggérant que cette théorie se rattache à la seule sémantique (c’est-à-dire à l’étude du sens des symboles et expressions). Korzybski dépasse ce cadre symbolique en proposant de considérer le sens de façon opérationnelle par la façon dont notre organisme réagit à son environnement. La sémantique générale s'appuie donc effectivement sur la sémantique (comme cas particulier), mais s’oriente également vers la neurophysiologie, la psychiatrie ou les théories de la communication.
La sémantique générale n’a pas eu jusqu'à maintenant le succès mérité. Ses principaux fondements ont souvent été repris ça et là, jusque dans des ouvrages scientifiques mais l'impossibilité  de la situer dans le catalogue hermétique des théories scientifiques, sa compréhension parfois malaisée et la difficulté de son application à nos processus mentaux formatés par la structure aristotélicienne de la majorité de nos langues, ainsi que sa récupération par des dogmes sectaires n’ont pas aidé à sa généralisation.
Je me propose donc au travers de ce blog, de développer un peu le concept de logique non-aristotélicienne, ou sémantique générale, dans ses aspects pratiques, directement applicables, mais aussi anecdotiques ou ludiques... Pour commencer, la célèbre oeuvre de Magritte en illustration est tout à fait symbolique de la sémantique générale dont elle illustre le principe d'abstraction verbale et d'identification...

Ce sera ma rubrique récurrente Ā.

Hasta siempre
Par Paco Alambron - Publié dans : Croire ou savoir
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