Dimanche 28 octobre 2007
Jeudi, les responsables d'une petite ONG française ont été arrêtés alors qu'ils tentaient de faire quitter le Tchad à 103 enfants, de 1 à 8 ans, prétendus orphelins et blessés, ce qu'ont démenti les premières constatations.
La grande majorité des enfants sont tchadiens et non soudanais comme on aurait pu l'imaginer et il semblerait d'après les premiers entretiens qu'ils ne soient pas non plus orphelins !
Arrêtés par la police tchadienne au moment de leur tentative, les responsables de l'association ont évoqué une "évacuation sanitaire". Il semblerait, malheureusement que les enfants aient été préalablement maquillés à l'aide de faux pansements. Cela, si c'est exact, jette quand même une ombre sur les réelles motivations de ces personnes.
La présomption d'innocence fait que je ne citerai pas le nom de cette association, ni des personnes arrêtées par les autorités tchadiennes (et que la presse diffuse abondamment) tant qu'il restera une toute petite chance que leur innocence soit prouvée. Mais je suis personnellement scandalisé par leur comportement, qui fait du tort l'image de toutes les associations humanitaires, et à celle de notre pays. Même s'il se peut qu'il n'y ait pas eu d'intention de nuire, une telle maladresse est impardonnable.
L'association en question a vu le jour au lendemain du Tsunami de décembre 2004, de façon très spécifique.
La lecture de son site internet laisse entendre une action assez conséquente sur le terrain au secours des réfugiés, principalement par la construction de camps d'hébergement provisoire et le soutien logistique. En 2005, un enfant indonésien blessé avait été pris en charge par l'association en vue de soins chirurgicaux dans un hôpital français. Depuis 2006, l'association se disait engagée dans une action de reconstruction, notamment au travers de son action éducative, en collaboration avec d'autres ONG. Ce qui surprend dans cette partie du site, c'est l'absence totale de références aux pays concernés par cette catastrophe, à leur gouvernement, aux structures locales, bref, tout ce qui peut laisser entendre qu'avant d'être les victimes d'une catastrophe, les gens sont les habitant d'un pays, qui a ses lois, ses règles, certainement ses coutumes, et que tout cela ne peut pas être bousculé, même au prétexte de venir à leur secours. La première condition de l'aide humanitaire est le respect de l'identité des victimes et de la culture des pays dans lesquels on intervient. Cette association semble ne jamais s'en être vraiment souciée.
Jusqu'à ce qu'en avril 2006, justement indignée par la précarité de la situation des soudanais du Darfour réfugiés au Tchad, l'association se trouve une nouvelle cause à défendre.
En effet, une guerre a succédé il y a 4 ans à la première guerre civile qui avait déchiré le Soudan pendant 20 ans.. Elle se déroule dans toute la région à l'est du Soudan, le Darfour, entre des milices arabes, les Janjawids, financées et armée par le gouvernement islamiste soudanais avec l'appui diplomatique et militaire de la Chine et dans une moindre mesure de la Russie, et des groupes rebelles animistes ou chrétiens (SLA, SPLM) armés et soutenus par les États-unis pour déstabiliser un région où sont en jeu de gros intérêts pétroliers actuellement accordés à la Chine.
Du déjà vu, me direz-vous !
Alors que l'opinion mondiale est alertée et sensibilisée, la Chine et les États-unis s'affrontent sur le terrain diplomatique et bloquent la situation. Les seconds feignent une parfaite innocence et une grande indignation, comme d'habitude. On notera simplement qu'un des principaux chefs rebelles, Minni Minnawi, chef du SPLM, a été reçu par le président américain Bush en Juillet 2006 ! (photo ci-contre)
Comme dans toutes les guerres de ce type où la population est partagée entre les deux opposants (sur le plan ethnique, religieux, et culturel), les massacres sont monnaie courante. Ainsi, une grande partie de la population civile s'est déplacée vers le centre du Soudan, mais également vers les pays voisins comme le Tchad où ils vivent dans des conditions très précaires dans des camps surpeuplés, où ils sont de toute façon poursuivis et harcelés par les Janjawids. Ajoutez cela au fait que nous sommes au cœur du Sahel, région cruellement désertifiée, et toutes les conditions d'une catastrophe humanitaire sont réunies.
C'est dans ce contexte difficile que l'association a choisi d'intervenir. L'opération est présentée depuis avril 2006 sur leur site internet et dès le premier contact il y a quelque chose de bizarre. Déjà, dès le titre, l'intention est surprenante.
L'évacuation des réfugiés n'est jamais la solution naturelle adoptée par les ONG sur une zone de conflit. Dans tous les cas de figure, elles tentent de maintenir les personnes sur leurs lieux de vie, les aidant à conserver leurs structures sociales et administratives, et leur apportant sur place l'aide dont ils ont besoin. Conserver l'organisation naturelle des populations affectées par le conflit et éviter les déplacements massifs est prioritaire. Cela, bien entendu afin d'éviter la constitution des immenses camps de réfugiés que l'on connaît, impossibles à gérer correctement, où vont se développer toutes sortes d'épidémies. Le choix d'une évacuation vers la France est donc déjà très suspecte.
Le fait qu'il s'agisse d'orphelins trahit également une intention : le déplacement de ces enfants n'est pas destiné à être provisoire. Et la raison est facile à comprendre. Même si l'intention initiale n'est pas l'adoption (qui de toutes façon n'est pas reconnue par le Soudan), trouver des familles d'accueil prêtes à héberger un enfant pendant 5 ans exige certainement quelques petites promesses. Ainsi, voici ce que l'on trouve sur le petit opuscule destiné au familles d'accueil disponible sur leur site internet :

Il est donc peu probable qu'un refus du droit d'asile aux enfants orphelins réfugiés du Darfour soit prononcé, compte tenu du droit international empêchant leur expulsion vers leur pays d'origine. (...)°
Si l'enfant est sous la tutelle de l'ASE pendant 3 ans, dans le temps de sa minorité, il pourra, à la fin de ces 3 ans, prétendre à l'accès à la nationalité française au titre de l'article 21-12 du code civil.
A l'issue de la régularisation de la situation de l'enfant, c'est-à-dire lorsque l'enfant est sous la tutelle légale d'une famille, qu'il a obtenu le droit d'asile permanent, qu'il est régulièrement suivi par l'ASE, et éventuellement, qu'il a acquis la nationalité française, les familles qui le souhaitent pourront alors engager des démarches d'adoption de l'enfant, en application de l'article 22 de la Convention des Nations Unies de 1959 relative aux droits de l'enfant.

Le thème de l'adoption est clairement évoqué et la piste qui y conduit est toute tracée à coups d'articles et de Conventions qui n'ont, malheureusement pour eux, qu'une valeur très symbolique à certains endroits dans le monde.! On apprend d'ailleurs que la plupart des ONG contactées par cette association et connaissant leur projet, l'avaient mise en garde et tenté de la dissuader d'accomplir ce projet dès juin 2006. Contrairement à ses allégations, aucun appui ne lui avait jamais été apporté que ce soit au niveau associatif, politique ou diplomatique. D'ailleurs, ils ont même commis la maladresse de s'en vanter dans le même:

Avez-vous le soutien des autorités françaises (ou européennes) dans l'organisation de l'opération d'évacuation ?
Non, comme expliqué dans le communiqué de (nom de l'associaition) la France comme l'ensemble de la communauté internationale, est " paralysée " par la complexité et l'inefficacité du système diplomatique Onusien, mais personne n'est disposé à l'admettre officiellement.
Notre opération d'évacuation repose sur les bases du droit international qui s'applique à la France, à l'Union Européenne, aux USA et au Canada. Nous n'avons donc pas besoin de l'accord du pays d'accueil pour organiser l'évacuation des enfants. Nous avons encore moins besoin de l'accord du pays d'origine puisque c'est lui qui justement, aujourd'hui, attente à la vie de ces enfants.
Cette opération a réellement et pleinement un caractère d'urgence vitale.

Une telle accumulation de contre-vérités sur le droit international est accablante, particulièrement les trois phrases que j'ai soulignées et qui constituent pratiquement un aveu. ! Jusqu'aux familles d'accueil déçus qui s'expriment avec maladresse : " Au total, 258 familles étaient candidates, mais (nom de l 'association) n'a pu réunir que 103 enfants. Seules quelques dizaines de familles ont donc été sélectionnées. "
... n'a pu réunir... ! ! ! ! !
On a du mal à en croire ses oreilles ! On croirait entendre le responsable d'une rafle qui n'a pas rempli ses quotas. Comment est-il possible que dans le contexte tel qu'il est décrit, il ne soit pas possible de " réunir " plus de 103 orphelins ? Ne serait-ce pas parce que finalement il n'y a pas tant d'orphelins que ça, les familles étant soit exterminées soit réfugiées, mais pas forcément séparées... L'association n'a-t-elle pas alors été tentée de fabriquer des orphelins pour compenser sa mauvaise pioche et pas décevoir ses clients?
Je suis indigné par l'incompétence de ces personnes, en espérant que n'est pas simplement de la malhonnêteté. Mais que ce soit par incompétence ou par calcul, ils ont quand même considéré la possibilité de déporter contre leur gré des centaines d'enfants, de leur imposer une nationalité et une famille qui n'étaient pas les leurs et ça...ce n'est pas acceptable.
Ignorer le drame humanitaire qui se joue là-bas n'est pas plus acceptable, mais dans l'état actuel des choses, la manipulation à laquelle se livrent les Etats-Unis dans cette région ne permet aucune solution à court terme. A moins que l'Europe se décide enfin à sortir de sa réserve et décide de peser le poids pour lequel elle a été créée!
Et ça serait bien que l'Europe se dépêche, parce que pour les enfants soudanais et tchadiens, il y a urgence!

Par Paco Alambron - Publié dans : Les feux de l'actu
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Jeudi 18 octobre 2007
Je ne parviens absolument pas à comprendre comment et pourquoi Sarkozy a décidé de faire de Guy Môquet le symbole de la résistance à l’occupation Nazie.

En dehors de la charge émotionnelle de la fameuse lettre principalement due au jeune âge de la victime, elle n’a aucun contenu historique, n’ouvre aucune piste de compréhension pour les jeunes générations sur les évènements qui ont secoué la planète au milieu du 20ème siècle, et érige en acteur celui qui ne fut malheureusement qu’une victime.
Il y a un an ou deux de ça, je travaillais sur un projet professionnel consistant à illustrer les noms de rues d’une ville voisine par une courte biographie des personnalités dont le nom avait été choisi pour les dénommer.
Guy Môquet m’avait alors posé problème. Même en scrutant l’internet avec attention, on ne trouvait que fort peu de choses. Une photographie de très mauvaise qualité, la vague notion d’une relation avec Jean-Pierre Timbaud, Gabriel Péri et Louis Aragon, mais difficile à démêler tant l’imprécision sur les circonstances de son combat était grande. Il m’avait été impossible de rédiger la moindre biographie, contrairement à tous les autres grands résistants honorés par le nom d’une rue.
Aujourd’hui, il en va tout autrement. Et l’histoire, pour qui sait en faire une lecture dépassionnée et objective, pose plus de questions qu’elle n’en résout.
Un rappel historique me semble nécessaire.

Guy Môquet est l’une des 48 victimes innocentes de la répression aveugle des occupants Nazis en réponse à un attentat qui avait coûté la vie à Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire Inférieure, «exécuté» à Nantes le 20 octobre 1941 par trois jeunes résistants, communistes également. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement de collaboration de Pétain, Pierre Pucheu, avait alors sélectionné avec un soin effrayant des prisonniers politiques, essentiellement communistes « pour éviter de laisser fusiller cinquante bons Français », selon sa propre formule : dix-huit emprisonnés à Nantes, vingt-sept à Châteaubriant et cinq Nantais emprisonnés à Paris. Les 27 fusillés de Châteaubriant sont souvent honorés collectivement sous le nom de «Martyrs de Châteaubriant».
Cette vague de répression avait soulevé une vive émotion parmi la population, au point que l’occupant Nazi avait renoncé à une seconde série d’exécutions. Le but de l’occupant était en effet de terroriser la population, pas de la soulever massivement.
Guy Môquet était le fils d'un syndicaliste cheminot, député communiste du 17e arrondissement de Paris, Prosper Môquet. Or, en 1938, l’Union Soviétique, qui était le modèle idéologique des communistes européens, avait signé le pacte de non-agression avec l’Allemagne Nazie, connu sous le nom de Pacte Molotov-Ribbentrop. De nombreux militants communistes, dont le père de Guy Môquet, avaient été arrêtés par le gouvernement français sous l'accusation de sabotage et de démoralisation de l'armée. Ils étaient de fait beaucoup plus virulents contre le régime de Vichy que contre l’ocupant Nazi.
Jeune lycéen, Guy Môquet déployait alors une grande ardeur militante pour distribuer des tracts qui reflétaient la ligne politique de son parti en été 1940, et rendaient responsable de la guerre le complot judéo-maçonique et la finance occidentale, sans que ne soient directement dénoncées les visées hégémoniques de l’Allemagne Nazie.
A aucun moment de sa biographie il n’est fait état d’une activité de résistance contre l’occupant. Cela n’aurait d’ailleurs pas justifié son arrestation par la police française dès 1940. Car Guy Môquet fut arrêté à seize ans le 15 octobre 1940 par des policiers français dans le cadre du décret-loi Daladier de 1939 interdisant la propagande communiste, pour se retrouver désigné le 22 octobre 1941 parmi les 27 fusillés de Châteaubriant.
Ce n'est pas faire injure à sa mémoire que de rappeler quel était son engagement réel, et il serait absurde d'en faire grief à un enfant de 17 ans.
Normalement, son sort aurait du resté lié à celui de ses compagnons martyrs. Pourtant, parmi les otages de Châteaubriant, Guy Môquet est le seul à avoir été cité à l'ordre de la Nation. Dès 1944, le général de Gaulle signe en effet le décret qui fait de lui un résistant à part entière.
En effet, il semble que de Gaulle et Prosper Môquet entretenaient des relations privilégiées, ce qui se conçoit très bien quand on connaît la fidélité du général à ses compagnons d’armes communistes en mémoire du rôle éminent qu’ils ont joué dans la résistance après 1941.
Mais était-il besoin d’antidater ainsi leur engagement réel dans la résistance pour effacer le trouble de leur position en 1939 et 1940 ? N’ont-il pas payé un assez lourd tribut pour qu’on soit obligé de manipuler ainsi l’histoire ?

Il me paraît extrêmement important de transmettre aux générations futures le souvenir de telles abominations et de perpétuer le souvenir de ceux qui sont tombés sous les coups aveugles de la barbarie la plus abjecte. La mémoire de cette jeunesse sacrifiée doit être enseignée à nos enfants pour qu’ils sachent reconnaître le visage de la barbarie.

Mais il faut le faire avec dignité !

Le fait de considérer séparément le sort de Guy Môquet de celui de ses 47 compagnons ne me paraît cependant pas justifié par une action exceptionnellement exemplaire de sa part, et ils ont droit à notre compassion et à notre souvenir autant que lui. Ils sont tombés sous les mêmes balles.
Focaliser toute la symbolique de ces moments tragiques sur Guy Môquet, c’est oublier un peu vite les fusillés de Nantes ou du Mont Valérien, plus tard ceux de Bordeaux également assassinés en représailles.
Qui rendra le même hommage à André Le Moal qui, à dix-sept ans lui aussi, fut fusillé à Nantes le 22 octobre 1941? Il avait été arrêté pour violences contre les soldats allemands. Un acte de résistance sans idéologie politique, commis parce qu’il refusait de voir son pays occupé et humilié sans réagir.

Je ne comprends pas pourquoi Guy Môquet a été choisi pour incarner cet esprit de sacrifice et de résistance dont il n’était pas l’exemple le plus évident. Comme si mourir à dix-sept ans était un exploit! Guy Môquet n’avait pas demandé à mourir sous les balles des nazis.
Et je ne parviens pas à m’imaginer non plus pourquoi nous le devons à Nicolas Sarkozy dont les idéaux politiques sont à l’opposé de ceux qui motivaient Guy Môquet.
Je comprends parfaitement les enseignants qui ont exprimé leur refus d’associer leurs élèves au souvenir de cette façon là.

Le 22 octobre, j’aurai une pensée pour les victimes innocentes de la folie meurtrière dont Guy Môquet faisait indiscutablement partie.
Je ne lirai sa lettre à personne… elle était adressée à ses parents, pas à la postérité.
L’émotion qu’elle suscite à juste titre n’est pas saine lorsqu’elle sert des calculs politiciens.

Et tant qu’à lire une lettre, je relirai peut-être celle de Missak Manouchian.

Mr Sarkozy
, je ne vous félicite pas.
 
Par Paco Alambron - Publié dans : Les feux de l'actu
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Dimanche 14 octobre 2007
Voici quelques semaines, j'étais gonflé à bloc, et muni de ma carte orange toute neuve, je me voyais faire un come-back en politique. Pas président de la République, bien sûr. Mais un petit poste de conseiller municipal, ou d'Adjoint au Maire, comme au bon vieux temps, m'aurait largement satisfait. Pas pour l'attrait du pouvoir, parce que l'ayant déjà accompli une fois, je sais la somme d'emmerdements que procure ce genre d'implication, le coût financier, la fatigue, le stress, les déceptions... pour une bien maigre récompense. Mais pour le plaisir que procure l'exercice de la démocratie, la gestion des deniers publics de la commune au mieux des intérêts de chacun, la mise en place d'une vraie solidarité, toutes choses que je ne faisais pas trop mal là première fois et qui finissent par me manquer, j'aurais volontiers remis le couvert...
Puis hier, j'ai pris un coup sur la tête!
Au figuré, bien entendu. Personne ne s'est avisé de me frapper. Mais plutôt, la réalité m'a agressé.
La réalité du pays dans lequel je vis et de ses habitants. La réalité de toute les vérités que l'on ne dit pas et qui n'arrivent pas à ébranler les mensonges qu'on dit.
Et là, tout d'un coup, je me suis rendu compte que je ne faisais pas le poids. D'une façon inattendue...
Je me rendais aux services techniques municipaux, pour me procurer des sacs en papier biodégradables destinés au recyclage des déchets verts.
La circulation était particulièrement dense pour un samedi matin, et le nombre de voitures garées sur les trottoirs avait de quoi surprendre. Néanmoins, je ne me suis pas posé de questions, et j'ai hâtivement et inconsciemment conclu à une quelconque brocante, ou à quelque manifestation liée à l'opération Sciences en Fête. En tous cas, dans ce secteur peu urbanisé de la commune, entre le LEP et le Stade, ce stationnement sauvage ne posait pas de réel problème, et tout me semblait normal. Et d'ailleurs, je me suis garé moi aussi à cheval sur le trottoir, sachant que mon arrêt serait de courte durée.
Deux autres personnes attendaient l'ouverture du CTM, pour se procurer les mêmes sacs. Une dame, BCBG mais sans excès, entre quadra et quinca, look mère de famille, peut-être même déjà grand-mère. Un homme sympathique, dans les mêmes âges, souriant et avenant... Bref, deux fleurons de l'électorat centre-gauche qui peuple nos banlieues-dortoirs. Des gens dont on n'attend aucun héroïsme, mais aucune bassesse non plus.
L'employé municipal finit par arriver, légèrement en retard...
Echange de politesses et de sourires. Echange de sacs en papier.
 - La dame BCBG, à l'employé: "Vous allez supporter ça toute la journée?" en montrant du doigt le gymnase mitoyen.
 - Lui: "Ben c'est mieux que l'année dernière. L'an dernier, on avait du leur laisser nos ateliers!"
Et une petite conversation s'ensuit entre les trois protagonistes, l'homme s'étant joint à la discussion.
J'ai du rester là à les écouter, certainement avec un sourire bête que rétrospectivement je regrette, mais en ne percutant absolument pas de quoi ils parlaient. De temps à autres, leur regard cherchait mon approbation, qu'en toute ignorance de ce dont ils parlaient, j'étais incapable de leur accorder.
 - Et puis l'employé communal m'a reconnu! : "Vous êtes pas M. Sanchopansa, l'ancien Maire-Adjoint?" (Bon, soyons clairs, il m'a pas appelé Sanchopansa, ok! Mais vous voulez pas non plus que je vous donne mon numéro de carte-bleue? Si?)
 - Moi : "Si, si, c'est moi."
 - La dame : "Alors vous allez pouvoir me dire pourquoi le Maire autorise ça", montrant du doigt le gymnase mitoyen. Je remarque alors qu'une sorte de litanie curieuse s'échappe du gymnase, à peine reconnaissable. Rien de dérangeant, mais curieux. Je ne percute toujours pas. Je lui réponds que je n'appartiens plus à l'équipe municipale depuis 5 ans, mais que sait-on-jamais...!
En sortant du Centre Technique, j'ai jeté un coup d'oeil vers ce "scandaleux" gymnase.
Et j'ai compris deux choses.
La première,
c'est que c'était la Fête de l'Aïd El Kébir, fête musulmane qui clôture le mois de Ramadan et pour laquelle l'abattage rituel d'un mouton est pratiquée.
La mairie a certainement prêté ce gymnase à la communauté musulmane pour qu'elle puisse y installer son abattoir dans de bonnes conditions, et avec un nettoyage facile après la fête. J'étais resté presque une demi-heure à coté de ce gymnase sans en concevoir aucune gène, ni même comprendre ce qui s'y déroulait.
La seconde, c'est que contrairement à ce que l'on prétend nous faire croire en diabolisant les partis nationalistes ou l'extrême droite, la xénophobie et le racisme sont partout, dans toutes les couches de la population, chez ceux-là même qui s'en défendent...
Mais ce qui a eu raison de mes derniers espoirs dans une Humanité meilleure, c'est lorsque la conversation a  dévié sur les "gens du voyage", comme si ces deux inconnus, voyant en mois l'aimable gogo qui voulait leur construire un monde meilleur, avaient décider de faire la liste de toutes les nuisances que j'allais devoir éradiquer de leur quotidien.

Et encore, ces deux-là n'étaient pas méchants!
Par Paco Alambron - Publié dans : A coeur et à cris
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Dimanche 14 octobre 2007
Les médias n'apprendront-ils donc jamais la discrétion? N'ont-ils pas peur que ça finisse par se voir vraiment? Le principe de l'écran de fumée est encore rentré en action et il y en a bien besoin!

L'élan magnifique qui avait marqué les premiers mois du règne présidentiel de Nicolas est en train de s'émousser.
L'efficacité des réformettes déjà engagées (et que personne n'a vraiment comprises, comme la défiscalisation des heures supplémentaires, la déduction des intérêts d'emprunts...) n'est absolument pas perceptible. L'économie stagne, le chômage n'évolue pas de façon significative, le pouvoir d'achat continue sa dégringolade, la fiscalité locale reprend les cadeaux que nous avait faits la dernière réforme fiscale (et tant-pis pour ceux qui n'en n'avaient pas bénéficié!), le dé-remboursement des soins de santé fait les choux gras des assurances privées, de la carte scolaire à la carte judiciaire on sent le grand nettoyage mais on ne saisit pas comment ça va pouvoir marcher mieux.
Bref, rien n'a changé sous le soleil. Ou plutôt sous les nuages.
Car le prochain train de réformes inquiète, les amendements les plus critiqués proviennent des rangs même de la majorité présidentielle, les jeunes-ministres-appartenant-aux-minorités-visibles multiplient les impertinences, les amis du président se font prendre avec leurs mains d'initiés dans le sac à l'heure même ou la dépénalisation du droit des affaires est dans les tuyaux de Rachida, les pédophiles récidivent, avec ou sans viagra, la répression devient justice (où le contraire, prenez le comme vous voulez).
La justice se désuhumanise et change de visage, avec la bénédiction d'une Garde des Sceaux-Amie de la famille,  dont les seuls atouts s'avèrent être le sien ( de visage!)...
Je remarquerais d'ailleurs que les Sceaux sont bien la seule chose qu'elle parvient à garder, au contraire des 8 proches collaborateurs qu'elle a perdus en quelques semaines!

Pour ceux qui comme moi proviennent des fins fonds d'une gauche déçue par des années de mensonges et d'incompétence, l'impression qui commence à se faire jour est celle de l'incompétence et du mensonge (le contraire de la gauche, donc! ;-) ), et surtout de l'absence de résultats!
Remarque, ça on pouvait s'en douter. Du temps oublié où il était ministre de l'Intérieur, NS (notre seigneur, Nicolas Sarkozy!) n'avait déjà pas brillé par ses résultats. Empilant l'autosatisfaction sur les effets d'annonces, il avait traversé les crises sans rien résoudre, mais sans y laisser de plumes, preuve d'un talent de l'esquive assez rare. En revanche, les plumes de Villepin... mais bon, ça  c'est une autre histoire...

Bref, tout ça pour planter le décor, c'est à dire exactement le même qu'avant, avec l'espoir en moins et la black-out des médias.
A ce titre, j'ai capté cette semaine une interview fabuleuse de Patrick Ollier sur Europe 2, s'exprimant sur la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur les conditions de libération des infirmières Bulgares en Lybie. La question du journaliste était claire : y-a-t'il eu une contrepartie, et si oui, laquelle. Les réponses d'Ollier étaient à se rouler par terre et pourraient constituer à elles seules un dictionnaire de la langue de bois!
Si ça continue, on finira par se réjouir des JO de Pekin! En lisant la presse chinoise, on finira par y apprendre les choses qu'on nous cache ici...

Bon, jusqu'à présent, on avait la coupe du Monde de Rugby pour nous ternir en haleine... Et vlan les Blacks, go back home! Mais maintenant que nos p'tits gars ont appris à leurs dépends le Nom de la Rose, la pression va retomber... Du coup, on va de nouveau s'intéresser à ce qui se passe dans le monde non-ovale.

Et c'est alors que sort l'idée de génie: Sarkolas et Céciganer divorcent!... ou divorceraient... ou divorceront... qu'importe le temps et le lieu, c'est le principe qui compte!

Personne ne m'empêchera de penser que l'exposition personnelle de NS est délibérée. En fait, il s'agit même probablement d'une stratégie de communication. Celle qui consiste à scénariser sa vie privée sur la scène publique, pour pouvoir dire après au foules crédules: "vous voyez? je suis comme vous!"... Et un mec qui est comme nous, eh bien on le comprend!
En effet, les absences de madame la première Dame de France sont plus voyantes que ses présences, son intervention probablement inutile dans la crise Lybienne fait écran aux réelles tractations dont nous pourrions bien ne pas être très fiers... NS va jusqu'à se balader avec des lettres compromettantes affichées au vu de tous à sa sortie du Conseil des Ministres, mettant son ami Arnaud Lagardère dans l'embarras.
Et en même temps, on en parle. C'est ce qui est important.

Nous sommes définitivement devenus une république bananière...

Il reste juste à autoriser la vente des armes de poing et nous serons fiers d'être Américains!
  
Par Paco Alambron - Publié dans : Les feux de l'actu
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