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Dimanche 26 mars 2006 7 26 /03 /2006 10:29
J'ai toujours préféré revenir sur les événements importants avec un peu de recul, pour les analyser plus sereinement en dehors de tout contexte passionnel.

C'est la cas aujourd'hui pour les fameuses caricatures de Mahomet, qui ont "amusé la galerie", il y a quelques semaines. Il est plus facile d'en parler maintenant que la grippe aviaire (tiens mais ou est-elle passé celle là?) et le CPE on pris place solidement des les colonnes des quotidiens et sur nos écrans de télévision.

A l'époque des faits, je sévissais sur un forum de discussion relativement convivial.
Le sujet avait été lancé le jour même de la publication des caricatures par France Soir, sur un ton qui supposait déjà de la part du posteur une sur-couche de provocation, sur une manoeuvre bien provocante déjà.

Je ne m'exprime pas ici sur les caricatures elle mêmes, ni sur la liberté d'expression tant cela a déjà été fait partout et par tous. Je voudrais juste revenir sur les effets qu'a pu avoir une telle manoeuvre (parce que c'en est une, à n'en pas douter), sur un groupe d'individus qui jusqu'alors communiquait paisiblement dans la sphère virtuelle d'un forum anodin.
(Je ne citerai ni le nom du forum, ni les pseudos des intervenants, pour couper court immédiatement à toute accusation de diffamation. D'autant plus que les protagonistes les plus abjects de cette insignifiante querelle sont encore présent sur ce forum d'incultes ou ils se complaisent dans la fange des leurs propos imbéciles. Nul doute que s'il viennent me lire ici, ils se reconnaitront. Et il sauront en me lisant que je n'ai pour eux nulle haine, juste de la pitié et du mépris.)

Dès les premiers échanges, les intervenants se sont séparés en deux "camps", les tenants de la tolérance, aussi tolérants à l'égard des caricaturistes que des musulmans indignés, simplement soucieux de calmer une querelle qui n'avait pas lieu d'être, et les tenants de la liberté d'expression, prêt à encenser les caricaturistes si "divinement" inspirés, et à conspuer l'ensemble d'un monde musulman désigné comme fanatique et idolâtre.
Discrétion d'un côté, déferlement de haine de l'autre. En quelques heures, le groupe entier a explosé, sous la pression savamment exercée par des manipulateurs adroits.
Jamais je n'avais pu voir auparavant, mais peut-être tout simplement parce que je ne m'y étais pas interressé, à quel point il était facile d'organiser un conflit, une dispute ou un guerre, en choisissant un motif initial de discorde, puis en ajoutant progressivement de l'huile sur le feu.

Faut-il tirer des conclusions de cette histoire? On peut le faire.
Une des conclusions qui me viendrait tout naturellement est que dans une querelle de ce type, le camp de la tolérance et de la raison est naturellement perdant.
L'intolérance et l'exclusion séduisent les faibles qui se croient ainsi admis dans le camp des forts, elles fabriquent leurs preuves au mépris de toute réalité, se nourrissent d'une haine déjà présente au coeur de la plupart, utilisent la dérision et l'anathème comme des boucliers.
Et l'argument le plus dérisoire qu'elles invoquent pour leur défense est la liberté d'expression, qui, même dévoyée et corrompue par leurs soins, ne supporte aucune contradiction tant le concept est universel à la lumière de ses contre-exemples les plus édifiants.
La sagesse et la tolérance n'ont au contraire rien de séduisant.  Elles en appellent à un effort pour vaincre ses propres passions, comprendre l'autre dans ses différences, ne pas céder à la facilité d'une adhésion trop rapide à la pensée unique d'une foule manipulée.
Elles s'appuient plus sur le doute que sur la certitude, et surtout fourbissent elles mêmes les armes de leurs propres ennemis.
En effet, si je m'oppose au discours de l'intolérance, c'est qu'à mon tour je cherche à le museler, faisant preuve alors d'une coupable intolérance à son égard!
Le combat n'est pas facile.

Qu'importe, je continuerai à le mener, envers et contre tous.
Et surtout, je sais maintenant où se situe la véritable caricature.
Par Paco Alambron - Publié dans : A coeur et à cris
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Commentaires

en effet, savoir où se trouvent sagesse et tolérance constitue un combat personnel permanent ;)
Commentaire n°1 posté par Ennairam le 20/04/2006 à 08h34
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