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Dimanche 20 mai 2007
Je ne connais pas grand chose au sport... enfin, pas tous les sports. Par exemple, le monde de la natation m'est étranger. De ce fait, je décrypte souvent l'actualité sportive avec beaucoup de naïveté, et la plupart du temps, je gobe ce que la presse raconte.

Or, en pleine élection présidentielle (mon Dieu, les outrecuidants...) Laure Manaudou et son coach Philippe Lucas défraient la chronique en se séparent le 6 mai, ce que Laure expliquera le 9 mai en conférence de presse, avant de laisser le champ libre à Lucas pour se répandre en calomnies et autres fanfaronnades.

Normalement, je me fiche éperdument ! C'est du "people" pur jus, pas de quoi fouetter un chat. Cette fois-ci, c'est un peu différent. Parce que les protagonistes de cette histoire sont particuliers.

Laure Manaudou, d'abord. Jeune, mignonne, mais également motivée et prudente, elle a jusqu'alors géré sa carrière (le terme "géré" est parfaitement approprié). D'ailleurs, juste avant la rupture, elle vient de signer avec PPR (Pinault-Printemps-Redoute) via sa filiale Artémis, un contrat de sponsoring fabuleux pour les 5 ans à venir...

Philippe Lucas, ensuite. Brutal et déplaisant, il semble certes être un entraineur compétent, du moins il est capable d'obtenir des résultats exceptionnels de ses champions, mais à quel prix? Seule la victoire l'intéresse. Je ne l'ai jamais entendu parler "sport". Aux antipodes, par exemple d'un Aimé Jacquet dans sa discipline. Lorsque Jacquet parlait travail, il parlait plaisir. Lorsque Lucas parle travail, on comprend souffrance. C'est quand même bien différent.

La presse, enfin. Malgré l'élection présidentielle qui aurait pu la tenir occupée, elle a fait  ses choux gras de cette histoire, participant à colporter les doutes et calomnies essentiellement proférées par Lucas. Comme à son habitude, la presse et particulièrement la presse sportive se complait à éreinter les athlètes à la première contre-performance ou à leur première intrusion en dehors du domaine sportif. C'est petit, mais c'est comme ça.

Quand Laure Manaudou, 20 ans, des rêves plein la tête malgré ce qu'elle a déjà vécu, dit qu'elle veut se rapprocher de l'amour de sa vie, même si je ne crois pas aux contes de fée, je l'écoute et je me dis que si c'est vrai, c'est beau!
Lorsqu'elle explique qu'elle ne renonce pas à sa carrière, qu'elle va continuer à s'entrainer pour les JO de Pékin, je l'écoute aussi. Mais elle a assez souffert entre le pattes de Lucas pour savoir comment se gagne et comment se garde la place qu'elle avait. (Cela a toujours été comme ça et ce ne sont pas les nageuses est-allemandes des années 70/80, gonflées aux stéroïdes anabolisants, bourrées d'hormones mâles, qui me contrediront en se rasant !).
Je crois qu'elle sait que c'est fini : que sa décision lui ferme les marches des podiums. Je me demande si elle n'a pas fini par comprendre que la gloire et les médailles ne valait pas à 20 ans les sacrifices qu'on lui demandait? Je crois qu'elle a simplement décidé de vivre.

Ou alors, je suis d'une naïveté monstrueuse !
 
Par Paco Alambron - Publié dans : Les feux de l'actu
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