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Once upon a time

Dimanche 31 juillet 2005 7 31 /07 /2005 00:00
La grande difficulté d'un blog, c'est que les nécessités de la vie moderne ne nous permettent pas toujours de nous exposer publiquement dans tous nos détails et donc notre richesse.
 "Se mettre à nu", comme disent les plus illuminés!

Tout d'abord parce même si on désire se livrer à la curiosité du public (en tous cas du maigre public qui visite ce blog), il est hors de question de ne pas protèger la vie privée de sa famille (épouse, enfants) qui, eux, n'ont peut-être pas le même souhait.
De même, dans chacunes de nos tranches de vies, il est des personnages qui ne souhaitent peut-être pas que leur rôle dans ces faits soient rendus publics.
Non d'ailleurs que ce rôle ait pu être indigne ou qu'ils aient à en rougir. Mais tout simplement parce que les exhibitionistes c'est nous... pas eux!

Ensuite, parce que les réactions des visiteurs sont imprévisibles. Jusqu'où vont aller nos détracteurs? simples insultes ou harcèlement?
Même si dans chaque message on ne lâche qu'une infime parcelle de sa propre existence, il est inévitable  de citer des lieux ou des faits connus, et un lecteur patient et déterminé parvient sans peine à reconstituer le fil d'une vie dans ses détails les plus surprenants.

Parano? Peut-être! Mais de telles choses se produisent.
J'ai été autrefois à une échelle bien modeste une "personne publique". C'est à dire que j'étais simplement adjoint au Maire de ma commune. Dans un but d'intimidation, des "adversaires" non identifiés sont allés jusqu'à simuler un cambriolage, de nuit, alors même que j'étais endormi dans ma propre maison. Du désordre, un peu de casse, mais rien ne manquait. Quelques appels anonymes au téléphone, quelques courriers de "corbeaux" dans la boite, et l'ambiance s'installe.

Pourtant, une amie écrivain m'a donné sans le savoir la recette.
Tout raconter dans les détails, les dates, les lieux, les personnes, mais en apportant d'infimes corrections, qui ne changent rien à la "vérité" du récit, mais rendent très difficile de le replacer correctement dans l'espace et dans le temps.
Car ce qui est important dans une tranche de vie, c'est n'est pas le détail, mais c'est ce qu'il en reste des années plus tard, et surtout, ce qu'elle nous a enseigné!

Hasta siempre.



Par Paco Alambron - Publié dans : Once upon a time
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Mardi 9 août 2005 2 09 /08 /2005 00:00
C’était il y a une quinzaine d’années.
Je parcourais alors le monde pour le compte d’un grand groupe sidérurgique français. Nous étions au Mexique, moi en tant que « spécialiste » de la technique d’aciérie, accompagné de mon binôme commercial. Nous nous rendions dans une usine sidérurgique au nord du Mexique, en compagnie de notre agent mexicain Carlos. Nous faisions cette route assez régulièrement dans ces années là, peut-être 3 à 4 fois par an.

Vous devrez vous contenter d’imaginer la scène : une Chevrolet Caprice modèle 1987 noire immatriculée à Mexico City, entre Monterrey et Monclova, dans le département du Nuevo Leon ou de Coahuila. Le décor rappelle tout à fait celui des grands westerns américains des années soixante : désert brulant et craquelé peuplé uniquement de serpents et d’araignées, pour seule végétation des cactus à perte de vue, sur fond de mésas rouge-orangé. La route droite et rectiligne à perte de vue, noyée dans un perpétuel mirage ondoyant. Aucun autre véhicule depuis des heures, dans un sens comme dans l’autre. La radio égrène la sempiternelle « road music ».

Soudain, une silhouette lointaine apparaît dans nos rétroviseurs, noyée dans un nuage de poussière. Elle se rapproche terriblement vite et nous l’identifions rapidement comme une moto. Et même comme un motard de la police.
Arrivé à notre hauteur, sirène hurlante, il nous fait signe de stopper et de nous ranger au bord de la route. Sa main droite posée sur la crosse d’un monstrueux pistolet chromé nous invite à suivre son conseil.

Il est impressionnant.
Moustache gominée d’une envergure invraissemblable, casque bicolore noir et argent, façon police américaine, bottes de cuir jusqu’au genou, uniforme un poil trop petit tendu à craquer qui met en valeur ses pectoraux de leveur de fonte, des poches et des décorations d’un bord à l’autre de sa poitrine de bûcheron. Aucun regard ne se devine derrière ses Ray Ban opaques qui ne nous renvoient que notre propre image. La moto n’est pas moins pittoresque : Harley blanche, un rien de poussière rouge sur les chromes rutilants.

Tout droit sorti d’un film !

L’air pas commode avec ça.

- ¡Señores, circulan a una velocidad excesiva
- ¡Pero, somos solamente a 55 millas a la hora! ¿Cuál es la velocidad límite?
- No es importante. Les digo que su velocidad es demasiado elevada. Deben darme 20.000 pesos, o 150 dólares.
- ¿Qué pasará si nos negamos a pagar?
- ¡Deberé conducirles en prisión!

(excusez mon espagnol ! Déjà limite à l’époque, il ne s’est pas amélioré.)

Bref conciliabule à bord du véhicule. Résumons-nous: nous ne roulions pas trop vite, pas un radar à l’horizon, et pourtant, il n’a pas l’air de plaisanter. Quant aux prisons mexicaines, il doit être beaucoup plus facile d’y entrer que d’en ressortir.
Carlos nous conseille de payer, et plutôt en dollars, ce qui nous permettra de négocier une petite ristourne. En effet, après quelques minutes, nous tombons d’accord sur un montant de 100 dollars.

- ¿Pueden tener un recibo?
- Si quieren un recibo, deben reclamarlo al puesto de policía de Monterrey. 

Pas de témoins, pas de reçu. Le tout n’a duré que quelques minutes. Sitôt empoché notre « amende » dans une de ses poches de poitrine, il enfourche sa monture et disparaît rapidement à l’horizon dans son nuage de poussière.

Eclat de rire général à bord de la Chevrolet. Après la tension de ces cinq dernières minutes, l’incertitude fait place au soulagement.
Carlos nous explique que c’est assez courant dans la région. Les flics sont assez mal payés et les petits trafics ne suffisant pas à arrondir suffisamment leurs fins de mois, ils rançonnent les automobilistes. Un uniforme et une arme sont en général assez convaincants.

C’était au Mexique, il y a 15 ans.
Il n’y a aucune chance que cela puisse se produire en France de nos jours.

J’espère…

Hasta siempre.
Par Paco Alambron - Publié dans : Once upon a time
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /2007 07:55
Dans moins d'une semaine, mon compteur personnel d'existence affichera  18238 jours! Cela n'a pas pour moi une grande importance. Le demi-siècle n'est pas une étape significative. En revanche, pour des raisons qui m'échappent, j'ai envie de jeter de plus en plus souvent un coup d'oeil dans le rétroviseur. Un peu comme si je commençais à croire que "c'était mieux avant", que j'éprouve une certaine difficulté à comprendre ou à accepter les temps présents et ceux qui s'annoncent. C'est pourquoi j'ai un certain plaisir à me remémorer les événements importants qui ont marqué le demi-siècle que je viens de traverser en un instant.
Ce blog est l'occasion de commencer une petite collection de souvenirs. Pas mes souvenirs personnels, bien sûr, encore que ceux-ci soient souvent liés à la grande Histoire, celle à laquelle je n'ai pas pris part. Et aujourd'hui, j'ai décidé de tourner mon regard vers le 21 juillet 1969.
J'avais 12 ans.
Et comme chaque fois qu'un événement exceptionnel s'est produit, je me souviens avec une grande précision de l'endroit ou je me trouvais à ce moment là. J'étais en colonie de vacances. Pas forcément un excellent souvenir, même si nous étions bien traités, bien nourris et bien occupés. En revanche, je me souviens de l'effervescence qui régnait dans la colo ce jour là. Nous avions fait promettre aux moniteurs de nous réveiller à 3 heures du matin, heure prévue de la retransmission par l'ORTF. Je parle bien entendu de l'alunissage d'Apollo XI dans la Mer de la Tranquillité et des premiers pas d'un être humain sur notre satellite naturel.
Nous avions suivi avec passion tout le programme spatial des deux super-puissances. Depuis les quelques orbites de Youri Gagarine le 12 avril 1961, le saut de puce de John Glenn (premier Américain en orbite) en 1962, le vol de Valentina Vladimirovna Terechkova (première femme dans l'espace) en 1963, la mort tragique en 1967 de White, Chaffee et Grissom (Apollo 1) , puis de Vladimir Komorov (Soyouz 1) quelques mois plus tard, jusqu'à la première mise en orbite d'un vaisseau habité autour de la lune le jour de Noël 1968, avec à son bord Borman, Lovell et Anders. Et même aujourd'hui, je retrouve sans peine les dates, les noms, les exploits, chacun étant associé à une période de ma vie qu'il a marqué.
Et ce jour d'été, à 3 heures du matin, sur notre téléviseur noir et blanc, la silhouette a moitié transparente de Neil Armstrong a commencé à s'agiter sur l'écran. Les plus instruits d'entre nous savaient qu'il était à 400 000 kilomètres de nous, sur un astre mort, sans atmosphère. L'image était lamentable et sans le commentaire de l'incontournable François de Closets, nous aurions été bien incapables de décrire ce qui se passait sous nos yeux. Mais je me rappelle que pour la seule et unique fois de ce mois de vacances, les 100 ou 150 enfants turbulents à moitié réveillés et rassemblés dans ce réfectoire devant le petit téléviseur se taisaient. Certains pleuraient même, sans trop savoir pourquoi, mais probablement parce qu'ils avaient été réveillés en pleine nuit!

109:23:38 Armstrong: I'm at the foot of the ladder. The LM footpads are only depressed in the surface about 1 or 2 inches, although the surface appears to be very, very fine grained, as you get close to it. It's almost like a powder. (The) ground mass is very fine. (Pause)
109:24:13 Armstrong: I'm going to step off the LM now. (Long Pause)
109:24:48 Armstrong: That's one small step for (a) man; one giant leap for mankind. (Long Pause)

(Extraits du Apollo Lunar Surface Journal)

Aujourd'hui c'est de l'histoire ancienne. Cela fera bientôt quarante ans, et peu d'entre nous se souviennent de ces instants. Mais moi, ça ne m'a jamais quitté. Je regrette que la chance ne nous ait jamais été donnée depuis de revivre de tels moments. On peut toujours se poser la question de savoir à quoi cela a servi, si les sommes colossales englouties par ce projet n'auraient pas été mieux employées ailleurs, et même si tout cela était bien réel. Depuis lors, des conspirationnistes ont mis en cause la véracité de cet exploit. Bien que j'aie du mal à imaginer l'intérêt d'un tel canular, je repense au contexte de l'époque, la compétition acharnée entre les USA et l'URSS sur fond de guerre froide et je n'exclus aucune hypothèse. Néanmoins, ce n'est pas du tout l'état d'esprit qui prévalait à cette époque et particulièrement ce jour là.
Je reste fidèle à l'émerveillement que cette épopée m'a procuré.

Hasta siempre
Par Paco Alambron - Publié dans : Once upon a time
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