Ce blog est l'occasion de commencer une petite collection de souvenirs. Pas mes souvenirs personnels, bien sûr, encore que ceux-ci soient souvent liés à la grande Histoire, celle à laquelle je n'ai pas pris part. Et aujourd'hui, j'ai décidé de tourner mon regard vers le 21 juillet 1969.
J'avais 12 ans. Et comme chaque fois qu'un événement exceptionnel s'est produit, je me souviens avec une grande précision de l'endroit ou je me trouvais à ce moment là. J'étais en colonie de vacances. Pas forcément un excellent souvenir, même si nous étions bien traités, bien nourris et bien occupés. En revanche, je me souviens de l'effervescence qui régnait dans la colo ce jour là. Nous avions fait promettre aux moniteurs de nous réveiller à 3 heures du matin, heure prévue de la retransmission par l'ORTF. Je parle bien entendu de l'alunissage d'Apollo XI dans la Mer de la Tranquillité et des premiers pas d'un être humain sur notre satellite naturel.Nous avions suivi avec passion tout le programme spatial des deux super-puissances. Depuis les quelques orbites de Youri Gagarine le 12 avril 1961, le saut de puce de John Glenn (premier Américain en orbite) en 1962, le vol de Valentina Vladimirovna Terechkova (première femme dans l'espace) en 1963, la mort tragique en 1967 de White, Chaffee et Grissom (Apollo 1) , puis de Vladimir Komorov (Soyouz 1) quelques mois plus tard, jusqu'à la première mise en orbite d'un vaisseau habité autour de la lune le jour de Noël 1968, avec à son bord Borman, Lovell et Anders. Et même aujourd'hui, je retrouve sans peine les dates, les noms, les exploits, chacun étant associé à une période de ma vie qu'il a marqué.
Et ce jour d'été, à 3 heures du matin, sur notre téléviseur noir et blanc, la silhouette a moitié transparente de Neil Armstrong a commencé à s'agiter sur l'écran. Les plus instruits d'entre nous savaient qu'il était à 400 000 kilomètres de nous, sur un astre mort, sans atmosphère. L'image était lamentable et sans le commentaire de l'incontournable François de Closets, nous aurions été bien incapables de décrire ce qui se passait sous nos yeux. Mais je me rappelle que pour la seule et unique fois de ce mois de vacances, les 100 ou 150 enfants turbulents à moitié réveillés et rassemblés dans ce réfectoire devant le petit téléviseur se taisaient. Certains pleuraient même, sans trop savoir pourquoi, mais probablement parce qu'ils avaient été réveillés en pleine nuit!
109:23:38 Armstrong: I'm at the foot of the ladder. The LM footpads are only depressed in the surface about 1 or 2 inches, although the surface appears to be very, very fine grained, as you get close to it. It's almost like a powder. (The) ground mass is very fine. (Pause)109:24:13 Armstrong: I'm going to step off the LM now. (Long Pause)
109:24:48 Armstrong: That's one small step for (a) man; one giant leap for mankind. (Long Pause)
(Extraits du Apollo Lunar Surface Journal)
Aujourd'hui c'est de l'histoire ancienne. Cela fera bientôt quarante ans, et peu d'entre nous se souviennent de ces instants. Mais moi, ça ne m'a jamais quitté. Je regrette que la chance ne nous ait jamais été donnée depuis de revivre de tels moments. On peut toujours se poser la question de savoir à quoi cela a servi, si les sommes colossales englouties par ce projet n'auraient pas été mieux employées ailleurs, et même si tout cela était bien réel. Depuis lors, des conspirationnistes ont mis en cause la véracité de cet exploit. Bien que j'aie du mal à imaginer l'intérêt d'un tel canular, je repense au contexte de l'époque, la compétition acharnée entre les USA et l'URSS sur fond de guerre froide et je n'exclus aucune hypothèse. Néanmoins, ce n'est pas du tout l'état d'esprit qui prévalait à cette époque et particulièrement ce jour là.
Je reste fidèle à l'émerveillement que cette épopée m'a procuré.
Hasta siempre
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Vous devrez vous contenter d’imaginer la scène : une Chevrolet Caprice modèle 1987 noire immatriculée à Mexico City, entre Monterrey et Monclova, dans le département du Nuevo Leon ou de Coahuila. Le décor rappelle tout à fait celui des grands westerns américains des années soixante : désert brulant et craquelé peuplé uniquement de serpents et d’araignées, pour seule végétation des cactus à perte de vue, sur fond de mésas rouge-orangé. La route droite et rectiligne à perte de vue, noyée dans un perpétuel mirage ondoyant. Aucun autre véhicule depuis des heures, dans un sens comme dans l’autre. La radio égrène la sempiternelle « road music ».
La grande difficulté d'un blog, c'est que les nécessités de la vie moderne ne nous permettent pas toujours de nous exposer publiquement dans tous nos détails et donc notre richesse.
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